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Historique du carillon - Carillon de Flandre
Carillon de Flandre
Carillons de Hondschoote, Dunkerque et Cappelle-la-Grande

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Historique du carillon

Le carillon du beffroi de Dunkerque, est constitué de 48 cloches, pour un poids total de 16 tonnes environ. La plus grosse cloche pèse 5 tonnes, la plus petite 12 kg. Une vingtaine de carillons en France ont un nombre de cloches voisin mais seulement une dizaine ont un poids équivalent. Le baptême des cloches a eu lieu le 6 mai 1962, et l’inauguration le 26 août de cette même année 1962.

L’histoire du carillon de Dunkerque ne se résume pas à ces trente dernières années. Comme malheureusement pour tout ce qui se rattache à la tour, l’origine de notre carillon se perd dans la nuit des temps et nous ne possédons aucun document qui nous permette de déterminer l’époque à laquelle il fit tinter pour la première fois ses « cloches argentines ». Certains historiens pensent que le premier jeu de cloches pourrait bien être contemporain du carillon de Bruges dont on retrouve trace à partir de 1298.

Nos premiers renseignements précis sur le carillon du beffroi remontent au XVe siècle. Il y avait alors en 1476, un si habile carillonneur à Dunkerque « qu’on venait de fort loin pour admirer son adresse à marquer agréablement toutes sortes d’airs par le carillon des cloches ». Cette même année, la commune paye des gages à un carillonneur nommé Jan van BEVERE.

Au XVIe siècle le Magistrat de Dunkerque, pour satisfaire à l’engouement général, créa un second carillon qui fut placé dans la Tour de Justice sur le port, à proximité du Leughenaer. Ce carillon disparut avec la tour qui l’abritait.
En 1558, les cloches du beffroi furent mises en pièces par les soldats du maréchal de Termes qui en emportèrent les débris à Bergues. Ils voulaient ainsi supprimer les moyens de sonner l’alarme.

En 1562 on fondit de nouvelles cloches. Elles furent à nouveau détruites dans les années qui suivirent, cette fois par les huguenots. En 1633, nouvelle fonte de cloches, de même en 1733. Le carillon était hors service, on le réparait. De tout temps, on voit le Magistrat consacrer à l’entretien du carillon ou à ses réparations des sommes relativement importantes. On peut le constater dans presque tous les registres de Comptes de la Ville qui ont échappé à la destruction. Ce fut le cas en 1736 puis en 1753 où la dépense fut de 11.500 livres. Comme les finances municipales étaient en déficit, par mesure d’économie on réduisit à 150 livres les appointements du carillonneur.

Au moment de la révolution, le carillon chantait toujours jusqu’à ce que les plus grosses cloches furent descendues du beffroi, livrées au fondeur, transformées en canons ou en gros sous. Le carillon fut alors réduit au silence pendant une longue suite d’années.

Les Dunkerquois déploraient que le beffroi eût cessé de chanter. Aussi, lorsqu’entre 1824 et 1826 de nouvelles cloches vinrent occuper le quatrième étage de la tour, on en profita pour remettre le carillon en état de fonctionner. Les cloches de l’ancien carillon pourtant excellentes, furent refondues et on en adjoignit de nouvelles.

Malheureusement ces cloches furent de mauvaise qualité sonore et le mécanisme fut trop fragile. Des cloches durent être refondues mais ne donnèrent pas de meilleur résultat. Aussi en 1845, à la suite des fêtes inaugurales de la statue de Jean Bart où le carillon ne répondit pas à sa réputation, il cessa de chanter.

Il en eût peut-être été longtemps ainsi si Gaspard Malo, en 1851, désolé de ce morne silence, n’eut généreusement offert au conseil municipal de pourvoir à ses frais à la réfection du carillon , en y consacrant le montant de son indemnité de Représentant du Peuple. La réfection coûta plus de 16 000 francs à Gaspard Malo.

Une convention fut établie entre le sieur Gaspard Malo, armateur-constructeur, ancien représentant du peuple à la Constituante, domicilié à Dunkerque et M. Van Aerschodt, fondeur de cloches à Louvain. La convention porte sur tous les ouvrages et fournitures nécessaires pour la réorganisation du carillon de Dunkerque d’après les plans détaillés et arrêtés en présence de M Riefensthal, professeur de musique et chef du corps de musique de la Garde Nationale à Dunkerque. M. Riefensthal est aussi l’auteur de la musique de l’Hymne à Jean Bart...

Trois ans après, le 26 septembre 1853, le nouveau carillon résonna pour la première fois à l’occasion de la visite de l’Empereur Napoléon III à Dunkerque.

En 1908 Emile Bouchet écrit : « Pourtant si soigneusement que la réparation de 1853 eut été faite, il devait en être de notre temps comme aux époques antérieures, où tous les 20 ou 30 ans il devient nécessaire de remettre le mécanisme en état. En 1886, il fallut donc charger M. Olyve Lanset, horloger de la ville, d’un nettoyage complet. Le carillon fut remis en état. » Emile Bouchet poursuit : « A l’heure actuelle, de nouveau la tour est muette. »

D’autres restaurations suivent jusqu’en 1940 où le carillon de Gaspard Malo disparaît dans l’immense brasier qui consume le beffroi. Mais en 1962, un nouveau carillon de 48 cloches, celui que nous pouvons écouter aujourd’hui, est installé dans le beffroi restauré.

Cela fait 30 ans et comme le disait déjà Emile Bouchet en 1908 : Tous les 20 ou 30 ans il devient nécessaire de remettre le mécanisme en état, sinon la tour redeviendra muette. Le cycle est complet. Notre génération va-t-elle arrêter cette longue tradition du carillon de Dunkerque ?

Alfred LESECQ, Président de la Guilde des Carillonneurs de France
D’après l’ouvrage d’Emile BOUCHET « Les Tours qui chantent ».

Une tradition de plusieurs siècles ne pouvait s’arrêter ainsi. Avec l’appui du Centre Culturel de la Région Dunkerquoise, CCRD et de son président Francis GHORIS malheureusement disparu, des actions de sensibilisation intitulées « Carillon Patrimoine » ont été mises en place dans les années 90. La collaboration avec la Direction de la Culture et en particulier Madame Sophie MARTIN a permis d’établir un dossier solide qui a suscité l’intérêt des financeurs.
Le vendredi 18 septembre 2009, l’inauguration du carillon complètement restauré a permis aux Dunkerquois d’entendre à nouveau leur carillon qui avait été muet pendant plus de 10 ans.

C.C.R.D.
Maison de la Vie Associative Dunkerquoise
Terre plein du jeu de Mail
Rue du 11 novembre 1918
59140 DUNKERQUE.

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